Formation incendie en réalité augmentée : on a adopté FIRE AR
Le Code du travail impose un exercice incendie tous les six mois — dans les faits, presque personne ne s'entraîne vraiment. FIRE AR fait naître le feu, virtuel, dans vos propres locaux, extincteur réel en main. On vous explique pourquoi on l'a adopté, et ce qu'il ne remplace pas.

Faites le test dans votre entreprise : demandez qui a déjà tenu un extincteur en main. Dans nos sessions, c'est rarement plus d'une personne sur cinq — et presque toujours « il y a des années, sur un parking ». Pourtant le Code du travail ne demande pas un vague souvenir : il impose des exercices tous les six mois, au cours desquels le personnel apprend à se servir des moyens de premier secours.
Entre l'obligation et le terrain, il y a un gouffre — et pour une raison très concrète : organiser un vrai feu, c'est lourd. Il faut un espace extérieur, une météo clémente, des consommables, de la fumée qu'on ne peut pas se permettre partout. Résultat : l'exercice saute, ou se résume à une démonstration où chacun regarde.
C'est ce gouffre que vient combler l'outil qu'on a ajouté à nos formations incendie : FIRE AR, un simulateur en réalité augmentée. Le feu est virtuel, l'extincteur est réel, et surtout — tout se passe dans vos locaux. Regardez plutôt :
Le rappel réglementaire en deux lignes
L'article R. 4227-39 du Code du travail prévoit que la consigne de sécurité incendie organise « des essais et visites périodiques du matériel et des exercices au cours desquels les travailleurs apprennent à reconnaître les caractéristiques du signal sonore d'alarme générale, […] à se servir des moyens de premier secours et à exécuter les diverses manœuvres nécessaires ». Fréquence : au moins tous les six mois, avec dates et observations consignées dans un registre tenu à disposition de l'inspection du travail.
Six mois. Pas « une fois à l'embauche », pas « quand on refait les extincteurs ». C'est précisément cette récurrence que la logistique du feu réel rend difficile à tenir — et qu'un simulateur transportable change complètement.
FIRE AR, concrètement
FIRE AR est conçu et fabriqué en France par IRWINO, une entreprise des Yvelines qui équipe les acteurs de la formation incendie depuis 2019 — plus de 45 000 personnes ont été formées sur ses simulateurs, avec des scénarios affinés avec l'appui de sapeurs-pompiers.
Le principe : un casque de réalité mixte (Meta Quest 3) laisse le stagiaire voir son propre environnement de travail — son couloir, son atelier, son bureau — dans lequel le formateur déclenche des départs de feu virtuels. La fumée monte le long de votre plafond, les flammes lèchent votre armoire électrique.
Face à ça, le stagiaire ne pianote pas sur une manette : il saisit un vrai extincteur — un appareil reconditionné, instrumenté par le fabricant — le dégoupille, s'approche à bonne distance, vise la base des flammes et balaye. Les gestes sont les vrais gestes, l'effort physique aussi. Trois types d'extincteurs sont simulés (eau pulvérisée, CO₂, poudre), et même un RIA — le robinet d'incendie armé qu'on n'a pratiquement jamais l'occasion de dérouler en conditions réelles.
Le kit tient dans une valise, s'installe en quelques minutes et fonctionne sans câble ni connexion : une salle de réunion suffit.
Pourquoi ça marche pédagogiquement
On forme au risque incendie depuis des années, et une constante se vérifie session après session : on retient ce qu'on a vécu, pas ce qu'on a écouté. Un diaporama sur les classes de feux s'évapore en quelques semaines. Un moment de stress maîtrisé — la fumée qui envahit le couloir, l'extincteur qu'il faut dégoupiller maintenant — laisse une trace durable.
FIRE AR ajoute trois choses que même un bac à feu sur parking n'offre pas :
- Le bon contexte. Le jour où ça brûlera, ce ne sera pas sur un parking : ce sera dans ce couloir, avec cet extincteur-là, à cet endroit-là. S'entraîner en situation de travail, c'est apprendre en même temps le geste et la topographie : où est l'extincteur le plus proche, par où on évacue, où on ne passe plus.
- La répétition. Sur un feu réel, chaque stagiaire passe une fois, quelques dizaines de secondes, et les consommables partent en fumée au sens propre. En réalité augmentée, chacun enchaîne les scénarios — feu électrique, poubelle, friteuse — jusqu'à ce que les réflexes soient là. Rater est même pédagogique : on recommence.
- Zéro contrainte de site. Pas de flamme, pas de fumée, pas de résidu : la session peut se tenir dans un hôpital, un EHPAD, un open space au 12ᵉ étage, un site industriel en activité — tous ces endroits où le feu réel est tout simplement impensable, et qui sont précisément ceux où le personnel a le plus besoin de s'entraîner.
Et contrairement à la réalité virtuelle classique, pas de nausée ni de désorientation : on reste dans son propre environnement, débout, en mouvement — le cerveau n'est jamais en conflit avec ce que le corps ressent.
Ce que la réalité augmentée ne remplace pas
Vous connaissez notre ligne : on vous dit aussi ce que l'outil ne fait pas. Un feu virtuel ne dégage ni chaleur, ni souffle, ni odeur — cette claque physique qui surprend tous les stagiaires la première fois qu'ils approchent un vrai foyer. C'est pour ça que le bac à feu réel reste à notre catalogue, et qu'on le recommande dès que le site le permet.
Notre conviction après l'avoir mis en œuvre : les deux se complètent. Le feu réel pour la sensation et le respect du danger ; la réalité augmentée pour la répétition, le contexte réel et la récurrence semestrielle que la réglementation attend. Une formation initiale sur feu réel, des exercices AR dans vos locaux ensuite : voilà un plan de formation incendie qui tient la route — et le registre est rempli sans forcer.
Comment on l'intègre à nos formations
Nous déployons FIRE AR en intra, dans vos locaux, en complément ou en support de nos formations incendie existantes : Équipier de Première Intervention, manipulation des extincteurs et exercices d'évacuation. Le scénario est configuré sur place par le formateur, en fonction de vos risques réels — armoire électrique, stockage, cuisine.
👉 Parlez-nous de votre site : on vous dit ce qu'un exercice semestriel en réalité augmentée donnerait chez vous, et où le feu réel garde sa place.
FAQ
La réalité augmentée, c'est quoi par rapport à la réalité virtuelle ? En réalité virtuelle, le casque vous plonge dans un environnement entièrement artificiel. En réalité augmentée (ou réalité mixte), vous voyez votre environnement réel, dans lequel s'incrustent des éléments virtuels — ici, les flammes et la fumée. Vous restez dans vos locaux, debout, en mouvement, un vrai extincteur en main.
Une formation en réalité augmentée est-elle conforme à la réglementation ? L'article R. 4227-39 impose des exercices semestriels d'apprentissage des moyens de premier secours, sans imposer de modalité technique. Un exercice encadré par un formateur, avec manipulation réelle d'extincteurs et consigné au registre, y répond — quelle que soit la nature du foyer, réel ou simulé. Pour l'aptitude à affronter un vrai feu, nous recommandons de conserver un passage sur feu réel dans le parcours.
Où la session peut-elle se tenir ? Partout : le kit tient dans une valise, s'installe en quelques minutes et ne produit ni flamme, ni fumée, ni résidu. Bureaux, hôpitaux, EHPAD, commerces, sites industriels en activité — y compris tous les lieux où un feu réel serait inenvisageable.
Les gestes sont-ils vraiment les mêmes qu'avec un extincteur classique ? Oui : les extincteurs utilisés sont de vrais appareils reconditionnés et instrumentés. On dégoupille, on garde la bonne distance, on vise la base des flammes, on balaye. Le poids, la posture et l'enchaînement sont ceux du geste réel — seule la projection d'agent est simulée.
Le casque provoque-t-il des nausées ? Non — c'est l'un des avantages de la réalité augmentée sur la réalité virtuelle. Comme vous voyez votre environnement réel et que vos déplacements sont de vrais déplacements, il n'y a pas de conflit sensoriel, donc pas de cinétose.
Est-ce que cela remplace la formation sur feu réel ? Non, et ce n'est pas l'objectif. Le feu réel apporte la chaleur, le souffle et le stress qu'aucune simulation ne reproduit. La réalité augmentée apporte la répétition, votre contexte de travail réel et la possibilité de tenir la récurrence semestrielle. Le bon dispositif combine les deux.
Sources officielles
- Code du travail, article R. 4227-39 — essais et exercices périodiques (au moins tous les six mois), apprentissage des moyens de premier secours, registre
- Code du travail, article R. 4227-28 — tout commencement d'incendie doit pouvoir être rapidement et efficacement combattu
- IRWINO — fabricant français du simulateur FIRE AR (documentation produit)
- Reportages presse : TV78 et BFM Business sur le simulateur FIRE AR


